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L’infonuagique est très pratique. Mais est-ce le bon choix pour vous?

L’infonuagique est très pratique. Mais est-ce le bon choix pour vous?

Quand David Steele et Nathan Roarty, Architectes Solutions Clients à TELUS, parlent de l’état actuel de la gestion des TI, ils évoquent l’idée de « tracer une ligne dans le sable ». Dans d’autres billets, ils ont expliqué comment ce concept s’applique aux décisions en matière de gestion des TI sur le plan de la cybersécurité et de l’actualisation technologique.

Mais qu’en est-il du nuage? De plus en plus d’entreprises pensent à l’adopter ou sont déjà en train de le faire. David et Nathan donnent leur avis sur les choix qui peuvent permettre de gérer les TI différemment en misant sur l’infonuagique.

Q : Comment définissez-vous le nuage par rapport à l’idée de « tracer une ligne dans le sable » en matière de gestion des TI?

DS : Lorsqu’on passe à l’infonuagique, il n’est plus question de posséder une technologie ou un type d’équipement, mais plutôt d’acheter des capacités sous forme de services. Généralement, la décision est motivée par la volonté d’économiser et par la conscience de certains risques, indépendamment des TI. Mais les conséquences pour les TI sont nombreuses, et il faut y penser. Une nouvelle façon de faire exige souvent l’acquisition de nouvelles compétences. Les modèles de coûts évoluent. Enfin, la répartition des risques change.

NR : Habituellement, quand une organisation planifie un approvisionnement en TI, elle tient compte de la croissance et de l’utilisation en période de pointe, et elle prévoit l’environnement en conséquence. Par exemple, l’environnement d’un grand détaillant qui diffuse une publicité durant le Superbowl doit pouvoir supporter la charge accrue résultant de cette visibilité. Mais on peut difficilement déterminer avec précision quelle sera cette charge. C’est un peu la même chose pour la croissance. Une équipe de TI doit souvent prévoir les besoins de 18 mois à deux ans à l’avance et investir selon quelques données et beaucoup de spéculation. Résultat : beaucoup d’entreprises paient pour plus de capacités que nécessaire. Avant, il n’était pas rare qu’une organisation constate une utilisation moyenne de 10 à 15 %, mais continue de payer 100 % de son investissement en TI, en tout temps.

L’infonuagique a amené un modèle utilitaire de consommation des ressources et des services de TI. Le modèle payable à l’usage peut s’appliquer à tout l’éventail de services de TI, des ressources informatiques et de stockage aux gammes de logiciels-service complètes. L’emplacement de la « ligne dans le sable » en matière de gestion des TI dépend du service utilisé.

Q : Lorsqu’on lit sur le nuage, on voit beaucoup de choses sur le retour aux compétences clés. Que pensez-vous de cette idée?

DS : Passer au nuage exige deux types de compétences bien précis. D’abord, pour que la transition se fasse sans heurts, il faut s’y connaître en transfert de données. Puis, on doit optimiser l’entreprise en vue d’activités infonuagiques en continu, ce qui nécessite l’acquisition de capacités comme la surveillance de l’utilisation, ainsi que l’adoption de meilleures pratiques. Beaucoup d’entreprises ont du mal à remplacer des compétences spécialisées par des capacités plus générales. Lorsqu’une entreprise passe au nuage, elle doit prendre le temps d’analyser ses compétences en TI pour déterminer ce dont elle aura vraiment besoin dans le cadre d’un nouveau mode de fonctionnement.

NR : Les entreprises font appel aux fournisseurs de services infonuagiques pour se procurer des solutions de repérage des véhicules, de cybersécurité, de filtrage DDoS et de partage de fichiers, entre autres. Dans beaucoup de cas, il ne sert à rien d’investir dans la technologie et les compétences nécessaires pour exploiter ces solutions alors que des fournisseurs spécialisés offrent déjà un service professionnel. Mais si on choisit de passer au nuage pour certaines solutions et capacités, certains membres de l’équipe de TI doivent être en mesure de gérer les services infonuagiques. Par exemple, pour que tout fonctionne bien à long terme, il faut comprendre les conséquences du passage à l’infonuagique pour la sécurité et la protection de la vie privée.

Q : Qu’en est-il vraiment des dépenses?

DS : En général, les conversations sur l’infonuagique comparent les dépenses en immobilisations aux dépenses d’exploitation. Mais un aspect dont on parle peu, c’est que les économies qu’on associe au passage à un modèle de dépenses d’exploitation ne sont pas automatiques. Pour adapter son entreprise aux activités dans le nuage, on doit investir. Et il ne s’agit pas simplement d’une mise à niveau par le transfert de services.

NR : Les organisations qui veulent faire des économies en matière d’exploitation doivent comprendre que ces économies sont en corrélation directe avec l’optimisation des activités infonuagiques. Par exemple, si on choisit Amazon Web Services pour héberger ses serveurs et ses applications, il faut savoir que le modèle de tarification est complexe. Déployer son application de façon à ce qu’elle soit exécutée sur les meilleurs composants d’Amazon peut aider à optimiser le rendement et les coûts. Cela dit, pour certaines organisations, la priorité n’est pas de faire des économies. Les gouvernements sont un bon exemple. Beaucoup d’organisations gouvernementales optent pour une solution sur place parce qu’elles doivent maintenir un contrôle strict et limiter certains risques, notamment sur le plan de la confidentialité.

Q : Et où trace-t-on « la ligne dans le sable » en matière de responsabilité?

DS : Passer au nuage, c’est accepter que sa solution ou son matériel sorte de l’entreprise. Cela implique une nouvelle responsabilité. Quand la technologie d’une entreprise est contenue dans son centre de données, sur l’équipement qui lui appartient, l’entreprise a le contrôle sur les activités connexes. Si la même entreprise passe au nuage, elle cède une part de responsabilité au fournisseur de services. Les ententes sur les niveaux de service aident à gérer le partage des responsabilités, mais on n’a pas le choix de renoncer à une forme de contrôle.

NR : Ultimement, l’entreprise demeure responsable. Les niveaux de service garantis par le fournisseur offrent une certaine protection, mais les clients de l’entreprise se tournent quand même vers elle en cas de problème. À mon avis, les entreprises veulent prendre la meilleure décision possible à un point donné dans le temps. Mais passer au nuage ne libère pas le décideur des conséquences et des résultats de ses choix. La conformité aux normes PCI est un bon exemple. Pour les services de paiement, beaucoup d’entreprises font appel à un fournisseur qui respecte les normes PCI. C’est une excellente façon de gérer la responsabilité quant aux données liées aux transactions financières. Mais il y a le revers de la médaille : lorsqu’une entreprise transfère un service au nuage, y compris les données afférentes, elle demeure responsable de la confidentialité des données traitées. C’est aussi une question de réglementation. Quand on décide de passer au nuage, on doit absolument être conscient des exigences réglementaires et s’assurer qu’on s’y conforme.

Q : Y a-t-il un avantage de l’infonuagique qu’on a tendance à négliger?

DS : Passer au nuage, c’est non seulement tracer la « ligne dans le sable » en matière de TI, c’est aussi l’amener ailleurs. Pour une entreprise, décider quelles technologies conserver à l’interne et lesquelles confier à un spécialiste est un exercice d’introspection. Une fois cet exercice fait, l’entreprise peut optimiser le fonctionnement de son équipe de TI en augmentant sa souplesse et son adaptabilité.

NR : La souplesse et l’adaptabilité ont un coût. Le changement exige un investissement en temps, en argent et en stratégie. Quel que soit le résultat (qu’on décide de passer au nuage ou non), y réfléchir est toujours avantageux. On se fait une meilleure idée des compétences qu’on possède, de la façon dont on veut les déployer, des dépenses qu’on est prêt à faire et des responsabilités qu’on est prêt à assumer. Dans le cas qui nous occupe, la phase de planification peut être plus fructueuse que le passage à l’infonuagique lui-même.

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